mercredi 21 mai 2008

Toujours 21% plus cher ici qu'aux États-Unis!

Je suis presque gêné d'écrire ce titre tellement je le trouve sans intérêt. Pour être plus précis, c'est intéressant de savoir que c'est moins cher aux États-Unis pour les consommateurs qui ont à passer par là. Mais ça ne vaut certainement pas la première page du Journal de Montréal comme ce fut le cas le 16 mai dernier (voir l'article ici). Dans un certain sens, je suis heureux d'avoir vu cet article car ça va me permettre de donner un exemple de l'analphabétisme économique de plusieurs journalistes. Comme Steve Landsburg a écrit dans un de ses livres, c'est préférable de les voir écrire que de construire des ponts. Autrement dit, ils font souvent des analyses dans des domaines pour lesquels ils n'ont aucune expertise. Ça ne tue personne, mais ça nous demande d'être vigilant lorsqu'on les lit.

Le concept selon lequel les coûts d'achat des biens au Canada et aux États-Unis devraient être égaux se nomme "Parité des pouvoirs d'achat". Ce concept théorique utilise le principe de l'offre et de la demande pour prévoir que si les prix au Canada sont plus élevés, alors la hausse de la demande aux États-Unis va faire baisser les prix aux États-Unis et rétablir l'équilibre. Même mes étudiants à leur premier cours d'économie reconnaissent rapidement que cette théorie ne tient pas la route à court terme. Il y a des coûts de transport non négligeables à aller magasiner de l'autre côté de la frontière, sans compter le temps perdu. Il n'y a donc aucune raison pour que les prix s'ajustent. Même à l'intérieur du Canada il y a des différences de prix d'une région à l'autre qui persistent malgré qu'on utilise la même monnaie partout.

La parité du dollar canadien avec le dollar américain a simplement rendu plus facile la comparaison des prix au Canada et aux États-Unis. Il n'est plus nécessaire de faire de conversions. Mais historiquement, il n'y a jamais eu de parité des pouvoirs d'achat entre les deux pays, sauf peut-être à de rares occasions, lorsqu'elle ne faisait que passer. Le plus drôle dans tout ça est que l'instigateur de cette nouvelle, Option Consommateurs, suggère aux consommateurs canadiens de ne pas profiter des prix plus faibles aux États-Unis. Ce comportement entraînerait, selon l'organisme, des pertes d'emplois au Canada. Ce n'est rien pour aider la convergence des prix.

1 commentaire:

Serge a dit…

Bravo ton Bla Bla économique cela remet les pendules de certains journaliste.
Ils devraient le lire